Les cimetières et l’enfant

La notion de la mort chez l’enfant varie en fonction de l’âge. Ainsi, avant trois ans l’enfant n’a aucune notion de la mort. C’est à partir de 4 ans que cette notion prend un sens et seulement à partir de 7 ans qu’il en assimile l’irréversibilité.

La notion de la mort chez l’enfant varie en fonction de l’âge. Ainsi, avant trois ans l’enfant n’a aucune notion de la mort. C’est à partir de 4 ans que cette notion prend un sens et seulement à partir de 7 ans qu’il en assimile l’irréversibilité.

Le cerveau de l’enfant est tellement malléable qu’on peut se demander que doit-on faire lorsque survient le décès d’un être proche dans la famille. Comment lui expliquer ou bien encore peut-il participer aux obsèques ? Mais l’une des questions récurrentes concernant l’approche de l’enfant avec la mort est le fait de savoir à partir de quel âge pouvons-nous l’emmener au cimetière.

Accompagner un enfant au cimetière

Le sujet de la mort est encore quelque chose de tabou dans notre société moderne. De ce fait, en parler relève de la pudeur et de la peur. Toutefois, il ne faut rien cacher aux enfants. Car, c’est en les confrontant à ce sujet qu’ils arriveront à mieux l’appréhender durant les années à venir et qu’ils se sentiront rassurés.

Si les avis divergent sur la question, on peut dire qu’il n’y a pas véritablement d’âge pour emmener un enfant au cimetière. Les parents peuvent l’emmener peu importe son âge mais sous certaines conditions.

Être à l’aise et rassurant 

La première d’entre elles est le fait que les parents doivent être à l’aise dans cette démarche d’emmener l’enfant dans un espace dédié au deuil, au recueillement et au souvenir. De même, l’enfant doit également se sentir tout aussi à l’aise.

Ne pas exclure les enfants en bas-âge 

On peut penser qu’un bébé en très bas âge n’a pas lieu d’être dans un cimetière. C’est une idée fausse car le fait qu’il puisse voir cet espace funéraire est important surtout qu’à cet âge-là il ne gênera pas. Il y a là donc aucune raison de l’exclure.

D’inscrire l’enfant dans une histoire familiale

La question peut toutefois être posée concernant un enfant avec un âge un peu plus avancé. Le plus important est d’être clair dans ses propos. Il faut alors bien expliquer que cette visite au cimetière est un moment de recueillement important pour un parent qui a perdu un proche. Il faut expliquer qu’à tel endroit, c’est une personne aimée qui repose et que cette personne n’a plus d’existence physique mais que cela n’empêche pas de lui destiner de fortes pensées.

Lorsque le parent se retrouve devant le monument funéraire honorant la mémoire du défunt, il est important que l’enfant apprenne des choses sur le proche disparu. Ainsi, le parent accompagnateur peut lui expliquer qui il était si l’enfant ne l’a pas connu ou bien encore lui raconter quelques souvenirs s’il l’a connu, etc. Cet échange est important car l’enfant pourra s’inscrire dans une histoire familiale et comprendra alors le principe de continuité.

Un endroit paisible

Une visite au cimetière avec l’enfant permet également à celui-ci de comprendre que la mort n’est pas une fin tragique, que cela fait partie de la vie. Il est donc primordial qu’il ressente cette paix dans ce lieu de mémoire.

Quand les émotions prennent le dessus

Il arrive, cependant, que de trop vives émotions envahissent aussi bien l’enfant que l’adulte. Dans ce cas, il ne faut pas s’inquiéter car c’est tout à fait normal et mieux vaut évacuer ses émotions que de les garder enfouies pour les faire ressortir plus tard dans un autre contexte.

Un enfant submergé par les émotions

Lorsque de vives émotions envahissent l’enfant, ce dernier ne va pas exprimer sa tristesse en pleurant comme le ferait un adulte. Un jeune enfant va avoir un comportement totalement différent qui généralement peut se dévoiler sous deux critères : une expression vive avec un comportement agité ou alors un renfermement sur sa personne.

Dans le cas d’une trop forte agitation, le parent peut agir en plusieurs étapes. La première est d’éviter à l’enfant d’aller au cimetière. Ceci ne doit pas ressembler à une punition mais plutôt à une préservation face à une trop grande émotion. C’est alors qu’entre en compte un dialogue entre le parent et l’enfant.

Entretenir un dialogue et expliquer l’émotion

La première chose à expliquer à l’enfant est qu’il sache qu’il n’est aucunement exclu de cette visite au cimetière importante et symbolique pour le parent. Ce dernier peut ensuite dire à l’enfant que dans un certain nombre de jours, ils iront ensemble au cimetière visiter la tombe d’un proche disparu.

L’une des caractéristiques d’une visite au cimetière qui peut bouleverser les pensées et les émotions d’un enfant est de voir pleurer son parent. L’enfant n’est pas apte encore à comprendre ce débordement d’émotions et peut rapidement mal l’interpréter. C’est en quoi, encore une fois, la communication est essentielle. Le parent doit alors lui faire comprendre qu’il n’est pas malheureux ou en colère mais simplement ému. Cet éclaircissement va avoir deux conséquences : la première est la rassurance de l’enfant qui sentira son parent ému mais pas dépassé et la seconde est la déculpabilisation face à ces pleurs.